SQBB/Denain vu par la presse axonaise

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Il n'y a pas que la presse nordiste qui parle de "l'affiche" de cette 8ème journée de N1M entre Saint-Quentin et notre équipe de Denain-Voltaire. L'Union fait un dossier assez complet de ce match phare dans ses colonnes. Et Le Courrier Picard part à la rencontre de coach Silvert. C'est parti...


L'heure du plan de relance
Après une défaite rageante à Blois, le SQBB doit profiter de la venue d'une surprenante équipe de Denain pour repartir de l'avant ce soir.
Le deuxième revers (87-90) de la saison concédé samedi dernier à Blois par le SQBB n'a pas laissé trop de traces. Une ultime séance vidéo, hier en fin d'après-midi, a permis à Arnaud Ricoux d'évoquer une dernière fois les « erreurs grossières et fautes d'inattention » qui ont légèrement terni une très correcte entame de championnat (5v-2d).
86,4 points marqués en moyenne
Auteur pour le moment d'un sans-faute sur son parquet, Saint-Quentin reçoit pour la première fois une équipe mieux classée que lui. Avec Denain (6v-1d), ce n'est pas forcément celle qu'on attendait (voir ci-dessous). Champion de France en 1965, les Nordistes, bien menés par l'ancien Carolo Minet, développent depuis deux mois un jeu qui fait tourner les têtes. Demandez à Longwy, étripé la semaine dernière (107-68, meilleure performance offensive de la saison) et saoûlé par les… 103 possessions de balle adverses.
Ricoux ne se laisse pas pour autant étourdir par cette statistique : « Ils ont une vingtaine de systèmes offensifs - nous, on en a 5 - dont beaucoup sont très courts. » Pour l'instant, avec une moyenne de 86,4 points marqués (n°1), ça marche. A ces principes de jeu, Marc Silvert, entraîneur de Denain, apporte sa justification : « A Denain, on veut reconquérir un public donc il faut savoir allier efficacité et spectacle. Mais attention : plus on joue vite, plus il faut être organisés. »
Mais Denain ne fait pas qu'abuser du jeu en première intention. Sa grande variété défensive - boîte, double boîte, zone et individuelle - a aussi pour mérite de faire déjouer l'adversaire. L'antidote avoué est simple : « Développer notre jeu et ne pas essayer de s'adapter au leur. »
S'il ne se perd pas dans une légèreté excessive, le SQBB, sans doute plus étoffé dans la raquette, a bien l'effectif pour enrayer la mécanique denaisienne. A condition de se rappeler à quel point la rigueur peut s'avérer vertueuse.
Mathieu LIVOREIL

ARBITRE. - Après vingt-cinq ans de carrière et plus de 480 matches au compteur, Djammel Rabehi arbitrera son dernier match officiel. Pour l'occasion, il a eu le droit de choisir quel collègue l'accompagnera pour ses adieux. M. Rabehi n'a choisi rien de moins qu'Eddie Viator, arbitre international habitué aux joutes d'Euroligue. Natifs du Val-d'Oise (95), ces-deux-là se connaissent depuis très longtemps.
- 21 ANS. - Comme à chaque match cette saison, Arnaud Ricoux et Marc Silvert aligneront dans leur cinq de départ leurs jeunes de - 21 ans pour continuer à protester contre le règlement fédéral qui oblige chaque équipe de N1, N2 et N3 à faire jouer au moins deux joueurs de - 21 ans (ou - 23 ans si ceux-ci ont été formés au club). Les Saint-Quentinois Kamel Ammour, Aurélien Delmer et Clément Pilet cotoieront donc les Denaisiens Anthony Hastendeufel et Rémi Dussart pour l'entre-deux.
POLYVALENCE. - Marc Silvert, 54 ans et entraîneur de Denain, a déjà eu une vie sportive bien remplie. Outre le fait qu'il démarra sa carrière à Denain (1972-76) aux côtés, entre autres, d'Hervé Dubuisson avant, dans les années 1990, de glaner moult titres dans le basket féminin avec Valenciennes, ce natif de Douai participa huit fois au championnat de France de motocross et au championnat d'Europe de saut en hauteur. On allait oublier : à Beauvais, il coacha le désormais Axonais Moustafa Diallo (2003-05).
TARIFS. - Pour mémoire, le prix des places à Pierre-Ratte lors des matches du SQBB reste de 8 euros en tribune et 5 euros en latérales. Tarif réduit (3 euros) pour les 12-18 ans, étudiants et chômeurs.

w Article et photo parus dans L'Union du vendredi 23 octobre 2009.


Silvert : « Objectif maintien... et plus si affinités »

Il a gagné l'Euroligue féminine en 1994, coaché l'équipe de Roumanie, sombré avec Beauvais en 2005 et postulé au SQBB. Marc Silvert est de retour ce soir à Pierre-Ratte à la tête de l'AS Denain-Voltaire, un étonnant co-leader.

Votre équipe a surpris tout le monde cette saison. Vous aussi ?

Avec le recul, je ne pense pas que ce soit une surprise par rapport au travail et au basket qu'on propose. On est au niveau de la N1. Maintenant, on nous aurait dit qu'on serait à 6 victoires/1 défaite au 15 octobre, on n'y aurait pas cru. On reste quand même raisonnable dans notre objectif de maintien confortable... Et plus si affinités.

Que pensez-vous de Saint-Quentin ?

Ils ont un peu plus de talents et de vécu que nous. Après, on les a vus dans des grands moments et des moins grands. On a beaucoup travaillé depuis dix jours sur Saint-Quentin, sans pour autant zapper Longwy. Ça reste une des quatre ou cinq meilleures équipes du championnat.

Des dents ont grincé à votre arrivée à Denain, puisque vous avez remplacé un coach qui avait gagné l'accession en N1...

Cet été, j'étais sur le point de signer en Hongrie pour jouer l'Euroligue féminine (ndlr : avec Sopron). Mais quelque part, je suis Nordiste. Quand Georges (ndlr : Wilczyk, le président de Denain) m'a appelé, j'ai réfléchi un petit peu. Mais je ne suis pas venu savonner la planche de mon prédécesseur. Les dirigeants sont venus me chercher et je ne savais pas ce qui se passait avec l'ancien coach. Je ne suis pour rien dans son éviction.

Que reste-t-il de votre saison beauvaisienne (2004-2005), achevée par un dépôt de bilan ?

Une aventure humaine assez unique. On n'était pas payé et on a continué à travailler sérieusement. J'avais fait venir Darnell Williams, Eric Walton, Joachim Ekanga, sur la foi d'un papier validé par la Ligue. Mais les subventions étaient mangées avant d'arriver sur le compte. Dès les premiers jours d'octobre, j'ai compris qu'on était dans une galère et que le président, qui était expert-comptable, nous avait roulés dans la farine. Je me suis retrouvé en première ligne pour défendre les joueurs, qu'ils soient payés. J'ai prêté de l'argent à des joueurs qui étaient raides (sic). On a souffert mais l'aventure humaine était unique.

Quel Moustapha Diallo avez-vous connu à Beauvais ?

C'était un jeune joueur. Il a pris de l'assurance maintenant. Il était 2e meneur derrière Florent Eleleara à l'époque. Il a une tenue de balle hors norme, il est bon shooteur, il peut défendre. Physiquement, c'est plus dur. Il m'a tapé sur l'épaule quand on s'est vu en préparation. Il m'a dit : "coach, tu vas faire une prépa physique comme à Beauvais ?" Il en a gardé un sacré souvenir.

Vous avez postulé au SQBB il y a quelques années ?

Robert (Ducamp, l'ex-président du SQBB) est un ami. Je lui avais dit un jour que si éventuellement l'occasion se présentait, je serais intéressé. Et puis il y a eu la proposition du Dexia Namur, financièrement hyper intéressante. Il y avait eu une autre approche avant. Saint-Quentin, c'est une terre de basket, l'un des meilleurs publics de France, pour qui on a envie de se mettre en quatre.

Recueilli par ERIC JONNEAU

w Article paru dans Le Courrier Picard du vendredi 23 octobre 2009.

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