Saint-Étienne : le "Case"-tête continue dans la poule de Denain !

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La Nationale 1 à 18 clubs, ce n’est pas encore une évidence pour tout le monde. Depuis l’intégration dans la poule de Denain-Voltaire du Case Saint-Étienne après la première journée de championnat, les présidents de clubs grognent. Pas forcément contre Saint-Étienne, mais plutôt contre les dirigeants de la Fédération absents ses deux dernières pour cause d’Euro Basket. Seuls deux clubs n'ont pas pris part au boycoo des matchs contre le Case : le Centre Fédéral et Denain-Voltaire . Dans un courriel que le président de Saint-Étienne, Lillo Bisaccia, a envoyé à notre club par le biais de ce blog, il salue la position denaisienne : « Nous saluons votre initiative. (Mais) pour avoir vécu cette situation (NDLR : les décisions de la Fédération) tout l'été, nous comprenons les agacements des clubs de basket français. Mais le dix-huitième club de NM1 a un nom, et derrière ce nom se trouvent deux cent dix licenciés, cinq équipes en championnat de France, cinq équipes en Région et douze en département. »

Et le cas Saint-Étienne est loin d’être résolu ! Dans La Nouvelle République (quotidien traitant notamment de l’équipe de Blois), Lillo Bisaccia réagit quant à la situation actuelle. Pour rappel, les coéquipiers d’Emmanuel Hinfray iront à Saint-Étienne le 9 janvier, pour le compte de la dernière journée des matchs allers…

 

 

L’imbroglio Saint-Étienne

La quasi-totalité des équipes de N1 ont décidé de boycotter Saint-Étienne. Réactions du président stéphanois Lillo Bisaccia.

Votre équipe s’est déplacée à Angers samedi pour ne pas jouer, faute d’adversaire. Comment vivez-vous cette situation ?

« Très mal. On a souffert tout l’été des décisions de la Fédération, et au moment où on sort de l’ornière, les clubs de N1 nous enfoncent. »

Vous avez pu parler avec le président de l’Angers BC, Patrick Gautier ?

« Oui, il me dit que les clubs de N1 n’ont rien contre Saint-Étienne, que c’est contre la 18e équipe de N1 qu’ils en ont. Mais elle a un nom cette équipe ! »

Pourquoi les clubs de N1 ne veulent pas de vous ?

« Ils disent que nous ne sommes pas prêts pour la N1, mais qu’avec une équipe de la valeur de celle d’une Pro B, nous allons fausser le championnat par la suite. »

Votre avis par rapport à ça ?

« On déboule en catastrophe à Angers avec seulement trois entraînements dans les jambes. On a perdu 300.000 € de subventions des collectivités (1) du fait de notre présence en N1, ce qui nous a valu la perte de trois joueurs, un Américain, un Bosman et notre meilleur Français. On a la valeur d’une bonne équipe de N1 aujourd’hui. »

La Fédé a argué d’un problème d’éthique sportive pour expliquer votre présence en N1 en non en Pro B. Qu’en pensez-vous ?

« Tout ça n’a rien à voir avec l’éthique du sport. D’accord, l’ancien dirigeant de la SASP n’a pas assuré son passif, mais l’association sportive n’est pas responsable de ça. Et après l’audit, à aucun moment la Fédé n’a émis des doutes sur notre budget pour prendre sa décision. J’ai l’impression que Monsieur Mainini (NDLR : le président de la FFBB) en fait une affaire personnelle. C’est à contrecœur que j’ai accepté de repartir en N1 car l’audit a bien mis en avant la cohérence de notre budget. »

Aujourd’hui, votre problème est avec la Fédé ou les clubs de N1 ?

« Les clubs auraient dû intervenir dès cet été. Ils savaient bien qu’en acceptant Fos en Pro B (NDLR : 2e accessit avec Lille), un autre club allait être sanctionné… Aujourd’hui, ils disent s’en prendre à la Fédé, mais c’est nous qui sommes sanctionnés. Il y avait d’autres manières de protester. Ils pouvaient manifester, empêcher Monsieur Mainini de prendre l’avion pour aller supporter l’équipe de France en Pologne, par exemple. »

Que va-t-il se passer pour Saint-Étienne ?

« Il faut que je fasse vivre mon club jusqu’à la trêve. Nos partenaires vont-ils nous suivre alors que nous n’avons pas de spectacle à vendre ? Si on survit, on verra quel président de club aura le cran de déposer un deuxième forfait, ce qui signifierait la radiation de son équipe du championnat… En tout cas, je peux vous certifier qu’on leur réservera un accueil digne de leur irresponsabilité. »

Comment allez-vous réagir dans l’immédiat ?

« Dès lundi (NDLR : aujourd’hui), nous allons déposer une action en justice contre tous les clubs qui nous boycotteront. Saint-Étienne est une ville ouvrière. Le peuple vert n’accepte pas les injustices. »

(1) Le budget de Saint-Étienne, aujourd’hui, est de 900.000 €.

Propos recueillis par Pierre Hénault.

  • Interview parue dans La Nouvelle République du lundi 21 septembre 2009.

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